techniques mixtes sur carton 2013
Abstractions 2013. Le rebut comme point de départ
Catté ne choisit pas un support vierge — il part de ce que la société a déjà écrit, imprimé, tamponné, déchiré. Les cartons d’emballage arrivent dans l’atelier chargés de leur histoire : mentions FRAGILE, RAPOP, TRANSPORTSCHÄDEN, codes-barres, numéros de série, étiquettes multilingues. L’artiste ne les efface pas — il compose avec.
Un dialogue entre trouvé et peint
C’est là le geste essentiel de la série : maintenir une tension entre le langage préexistant du carton (industriel, fonctionnel, anonyme) et le langage pictural ajouté (traits à la craie, aplats de couleur, collages, cercles, flèches). Ni l’un ni l’autre ne prend totalement le dessus. La peinture ne domine pas le carton ; le carton ne noie pas la peinture. Les deux coexistent, se répondent, parfois se contredisent.
Une abstraction ancrée dans le réel
Contrairement à une abstraction pure, ces œuvres gardent des traces de monde : un « Yes, you can » imprimé , un logo « Thinking ahead, moving forward », des chiffres, des symboles de manutention. Ces résidus de langage commercial glissent vers l’absurde ou le poétique selon l’humeur du regardeur. Le carton parle encore — mais différemment.
La matière comme sujet
Les cannelures exposées, les bords déchirés, les plis, les agrafes — tout cela devient plastiquement actif. Catté utilise la fragilité du matériau comme une qualité, non comme un défaut. C’est une peinture qui accepte sa propre précarité.
En somme, cette série interroge discrètement ce que l’on garde, ce que l’on jette, et ce que l’art peut faire surgir de l’ordinaire abandonné.
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